« Sésame, requinque-moi ! »

Le sésame noir est une graine fabuleuse pour ceux qui souffrent de maux à l’intérieur de leur second « moi » – Comprenez l’estomac ! – Bien que la perception du « moi » pourrait se situer à tout autre endroit – chacun trouvant celui qui lui conviendra ! – , je suis en perpétuelle guerre entre mon « moi » et mon autre « moi » ! – Nul besoin de dépoussiérer vos anciens livres de philo… Je ne compte pas vous assommer à coups de théories ! Ça serait bien mal me connaître ! –

Le discours que j’entretiens avec mon second « moi » reste en sourdine tant on ne se comprend pas ! Cela ressemble à quelques gargouillements près à cela :



« Avale-ça ! »

- Je peux pas…

« Mais pourquoi ? »

- Je sais pas…

« Mais force-toi ! »

- Je peux pas…

« Mets-y du tien ! »

- Si je pouvais…

« Tanpis… Tu l’auras voulu ! »

- Je t’en supplie… Tout mais pas ça !

 

Quelques minutes passent… Quand soudain surgit un long cri du plus profond de ma gorge !

 

- Je t’avais prévenu !

« Mais de quoi ? »

- Que ce n’était pas une bonne idée !

« Mais pourquoi ? »

- Parce que j’aime pas !

 

Vous l’avez donc compris, les négociations ne sont pas prêtent de reprendre. Et encore moins de trouver une entente… Nous sommes bien loin du traité de paix !

Bien-sûr, une fois le discours suspendu, je suis pliée en quatre en train de supplier mon autre « moi » de me pardonner tant d’imprudence à son égard. Peu importe, il n’en fait qu’à sa tête et me montre son mécontentement en sortant l’artillerie ! Et croyez-moi qu’il est bien armé… À croire qu’il a fait cela toute sa vie !

Je tente la diplomatie, mais rien n’y fait ! Les canons sont déjà lancés et je sens les chars remonter petit à petit le long de mon oesophage… À ce stade, aucune négociation n’est possible ! Et n’ayant comme seule et unique alliée ma conscience, nous ne sommes toujours pas parées pour lancer une contre-offensive… La sirène retentit dans tout le système nerveux ! Ma conscience, elle, panique et me demande : « Qu’est-ce qu’on fait ? Qu’est-ce qu’on fait ? » C’est alors que je prends une profonde respiration… Nous sommes prêtes à encaisser le choc… En espérant qu’il sera beaucoup moins violent que celui de la dernière fois !

Comme dans toute attaque, il y a des blessés ! Et mes soldats à moi, ne sont pas en très bon état ! Ils se relèvent tant bien que mal… Certains se soutiennent pour se relever, d’autres sont à terre tant ils sont touchés. Je les ramasse un par un… Constatant avec désarroi ce désastre que j’ai moi-même provoqué ! Ils sont vaillants mes petits soldats ! Ils sont toujours là lorsque j’ai besoin d’eux, mais pas bien entraînés pour la guerre que je leur fais mener !

La croix rouge vient à mon secours ! Les médecins et infirmières accourent auprès de mes soldats bien mal en point ! Un profond sentiment de culpabilité m’envahit… « Qu’ai-je donc fait ? Tant de blessés pour une subite envie de dévorer ! N’avais-je donc rien retenu de la dernière fois ? » Ma conscience n’est pas tout à fait en adéquation avec mon autre « moi ». Et même si je suis prête à reprendre les négociations, ma conscience, elle, en est bien loin !

La meilleure solution ? CA-PI-TU-LER !!! Oui, mais comment se faire pardonner après tant de négligence ? Les idées fusent, mais mon autre « moi », lui, ne veut sûrement pas recevoir n’importe quoi ! Non seulement il est susceptible mais en plus, il est exigeant !

Comme je vous le disais la dernière fois, le porridge est très populaire en Corée pour remettre sur pied les plus faibles… Et lorsque mon second « moi » est en état de guerre, mieux vaut sortir le drapeau blanc avant qu’il n’attaque une contrée voisine ! Mes hommes étant à terre, seul le potage est accepté pour proclamer un cessez-le-feu… Mais attention à ne pas proposer un autre accord au risque de redéclencher les hostilités !

Le consensus étant signé, nous voici côte à côte à échanger les détails de notre compromis. Nous épluchons les fiches des légumes les unes après les autres… Mais aucune d’entre elles ne conviennent à Monsieur !

 

« Du tofu ? »

- Non !

« Des légumes secs ? »

- Certainement pas !

« Alors que penses-tu du sésame noir ? »

- Du sésame noir ??….. Ça m’intéresse… Dis m’en plus !

 

Le sésame noir est utilisé depuis des millénaires au pays du matin calme, non seulement pour ses incroyables propriétés médicinales dans la médecine traditionnelle, mais également pour son petit goût de noisette sans qui les plats coréens n’auraient plus la même saveur !

Il est particulièrement recommandé pour renforcer l’état de l’organisme en cas de digestion difficile ! Et c’est associé au porridge de riz qu’il est le plus indiqué ! Une fois torréfié, le sésame noir est réduit en poudre avec de l’eau, puis mélangé au porridge.

Attention ! Il faut toujours laver les graines de sésame noir avant de les torréfier ! Et ne jamais utiliser de corps gras dans la poêle !

La torréfaction consiste à chauffer à sec la graine sans liquide ni matière grasse au four ou à la poêle pour en retirer toute son eau ! Cela permet d’obtenir des graines croustillantes et croquantes à la fois !

Idéal lorsque l’on est en guerre avec son autre « moi », le porridge au sésame noir réconciliera les deux « moi », si toutefois la trêve est respectée ! Pas toujours évident de suivre un concensus, surtout lorsque l’on n’a pas mis fin aux hostilités !

« Sésame, requinque-moi ! »

Temps de préparation : 1 heure


Ingrédients pour 4 personnes :

  • 200 g de riz rond blanc
  • 60 g de graines de sésame noir
  • 2 g de sel Herbamare
  • Quelques pignons de pin pour la décoration


Préparation :
  1. Lavez le riz trois à quatre fois jusqu’à ce que la couleur de l’eau devienne transparente, puis le laisser tremper pendant trente minutes avant de l’égoutter.
  2. Verser le riz lavé dans la cuve de l’auto-cuiseur, puis ajouter un volume et demi d’eau. Programmer le cuiseur à riz sur la fonction adéquate – j’ai la chance d’avoir la fonction « porridge » sur mon auto-cuiseur coréen – et laisser jusqu’à ce que l’appareil vous prévienne que le riz est cuit !
  3. Si vous ne disposez pas d’un cuiseur à riz, rien ne vous empêche de faire cuire votre riz à la cocotte. Vous trouverez toutes les explications nécessaires dans mon article sur le gyüdon végétarien.
  4. Versez les graines de sésame noire dans une passoire, puis les nettoyer sous le jet d’eau avant de les égoutter. Réserver.

  1. Verser les graines lavées dans une poêle, puis les mélanger pendant quelques minutes à l’aide d’une cuillère en bois à feu moyen.
  2. Lorsque les graines de sésame commencent à éclater, baisser le feu. Puis continuer à mélanger jusqu’à ce qu’elles deviennent croustillantes.

  1. Verser les graines torréfiées dans un blender/mixeur, ajouter 250 ml d’eau, puis mixer pendant une minute jusqu’à obtenir une consistance onctueuse. Ajouter 500 ml d’eau, puis mixer de nouveau. Verser la préparation dans un récipient. Réserver.
  2. Verser le riz cuit dans le blender/mixeur, ajouter 1 L d’eau, puis mixer jusqu’à obtenir une consistance onctueuse. Ajouter 500 ml d’eau, puis mixer de nouveau. Réserver.

  1. Verser les deux préparations obtenues dans une casserole, allumer le feu, puis mélanger pendant quelques minutes à feu moyen jusqu’à ce que des bulles apparaissent.
  2. Baisser le feu, puis continuer à mélanger encore deux à trois minutes. Le porridge devrait se désépaissir et devenir brillant.
  3. Ajouter le sel à la préparation, puis bien mélanger.
  4. Verser le porridge dans les bols et décorer le centre de pignons de pin.
  5. Servir chaud !

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5 réponses à to “« Sésame, requinque-moi ! »”

  • le comble du cohérent….tu nous fais une cuisine coréenne sur un réchaud coréen (vous êtes partis avec une malle cabine de trucs de cuisine??)…J’ai un livre de sésame noir sous la main….mais jamais de riz blanc…( IG trop haut ça me donne des fringales à peine sortie de table) donc à tester avec du riz rond complet ( ça va changer le gout, sans doute) jolie ta déco en pignons….

    => Oui, ça rendait mieux pour les photos ! On pourrait dire que l’on est partis avec un kit de survie ! Mais tout a été envoyé par la poste… Impossible dans la cabine, t’imagine ! Je suis d’accord avec toi sur le principe du riz blanc. Tu parles tout de même à une diabétique de longue date !!! Cependant, tu ne pourras JAMAIS faire de porridge avec du riz complet… J’ai déjà essayé… Et quand tu as l’estomac qui te mène une guerre à n’en plus finir, je te jure que le riz blanc est beaucoup plus indiqué ! Merci pour ton compliment sur la déco !

  • Je viens de lire ta réponse à mamapasta et c’est vrai, on ne peut pas faire de porridge de riz complet ? Je me prépare parfois des sortes de porridge de riz, mais il faut bien dire que je mouds le riz en farine avant d’en faire quoique ce soit, je n’ai jamais essayé tel quel et je veux bien te croire ! Surtout si ton estomac fait déjà des siennes…
    Ton mélange sésame noir / riz me tente beaucoup beaucoup – ne serait-ce que par sa couleur ! Ça me rappelle un porridge de riz noir que je me fais de temps en temps… extrêmement gourmand, même si j’imagine bien que le goût n’a absolument rien à voir !

    => Antigone, tu peux faire du porridge au riz complet si tu utilises un riz au grain long, comme le riz thaï, par exemple, qui est très digeste ! Cependant, tu ne pourras jamais en réaliser avec du riz rond complet. Non pas que ce n’est pas faisable, mais c’est comme si tu avalais une grosse boule de gomme si lourde et collante, qu’elle te reste au travers de la gorge… Si ce n’est de l’estomac ! Et nous sommes bien d’accord que pour cette recette, l’objectif n’est pas d’alourdir davantage son second « moi ». Donc, riz blanc… Riz blanc… Riz blanc !!!

  • Tes photos sont magnifiques, bravo ! J’espère que vous arriverez enfin à un cessez-le-feu définitif…

    => Merci Sandrine ! Je l’espère aussi, mais c’est bien loin d’être gagné ! Nos propositions de paix divergent tellement qu’il va être très difficile de parvenir à un terrain d’entente…

  • Qu’as-tu ma Jolie ? Je comprends que tu es diabétique ( d’ou le fait qu’il n’y ait pas de sucre sur ce blog, ok ) mais que se passe-t’il dans ton bidon ? Tu fais des excès et ça ne passe pas ? Je pensais que tu étais simplement malade d’un petit rhume ou quoi … :/ Ca m’a l’air plus important … Neanmoins, ta soupe me parle bien. J’ai découvert le sésame noir en Californie. J’aimais beaucoup aussi mais jamais je n’ai eu l’idée de l’intégrer a une soupe de riz … et pourtant que c’est joli et appétissant. A essayer … si je mets la main sur du sésame noir ici ^^ Des bises ma Jolie et je te souhaite de te remettre vite sur pieds.

    => Merci Laurence pour ton gentil message ! C’est beaucoup plus compliqué qu’il n’y parait ! Je suis certes diabétique, mais également allergique. Les deux combinés ont réussi à abîmer une partie de mon système digestif avant d’être diagnostiqués. Même si je n’en ai jamais parlé sur le blog, il m’arrive encore très souvent de souffrir de crampes d’estomac… D’où la lutte avec mon second « moi » !

    Tu peux trouver du sésame noir à l’épicerie Jung-Il Oriental Food & Gift à Saint-Pétersbourg.

  • [...] dont on parsèmera ses plats au quotidien. Julie lui a d’ailleurs consacré un article entier récemment, et les fidèles bouddhistes croyaient jadis que l’on pouvait guérir les maladies [...]

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